La cartographie des imaginaires est une démarche de codesign de récits transformatifs. Elle permet de représenter et partager des visions concrètes du futur à trois ou cinq ans pour fédérer un collectif autour d’un sujet de transformation.
Définir une vision pour une organisation peut être un travail de longue haleine, la diffuser à toutes les échelles et auprès de l’ensemble des collaborateurs s’avère encore plus complexe.
C'est pourquoi nous sommes convaincus que la cartographie des imaginaires peut être un outil sensible essentiel. Elle permet de faire vivre les projets de transition, au-delà des indicateurs, par l’émotion collective, pour ancrer les projets de transition dans le vécu des collaborateurs.
Construire une vision : un exercice rationnel
Définir une vision ou engager un projet de transformation est le produit de plusieurs phases successives :
Première étape : la récolte de données
Qu’elles proviennent de l’organisation ou de son environnement, les données récoltées permettent de se situer, de comprendre les flux et tendances dont dépendent l’organisation et d’arbitrer en connaissance de cause.
Seconde étape : l’appropriation stratégique
Souvent cantonnée au sein d’un groupe de direction restreint, des choix stratégiques sont faits à la lumière des données récoltées, un cap se dessine, une trajectoire se trace parmi les possibles.
Ces deux phases portent un travail potentiellement complexe, alternant entre des phases de recherche et d’intelligence collective, dont le résultat se retrouve souvent condensé en une feuille de route résumée, parfois même à une seule phrase.
Diffuser une vision : Parler au cœur avant de parler au cerveau
De ce point, que l’on appellera ici “la vision”, il s’agit ensuite d’engager sa diffusion, auprès de tous les services, de tous les collaborateurs et plus largement de l’ensemble des parties prenantes. Car cette vision, si elle tient l’ambition d’un positionnement au sein d’un marché ou d’un environnement, incarne aussi une forme de contrat tacite entre l’organisation et ses parties prenantes.
Avec cette question sous-jacente:
comment résumer la richesse des informations ingérées pour produire la vision de l’organisation en un support clair, lisible et enthousiasmant pour les parties prenantes non participantes à la démarche ?
L’une des premières réponses peut donc tenir à la méthodologie employée pour guider cette démarche et du rôle des parties prenantes afin d’aboutir à une vision collectivement portée “by design”.
L’autre réside dans la manière dont la vision “produite” se diffuse.
Evidemment toutes les organisations actionnent d’abord les leviers à sa disposition, diffusion d’un texte, d’un rapport, organisation de “temps forts” pour le commenter… Mais cela manque souvent d’incarnation, d’illustration pour être réellement compris, approprié.
Aujourd’hui, on aborde souvent la question de la transition par la rationalité, le fait que les données sont là (première étape) et que la vision qu’on déploie est cohérente avec les enjeux identifiés (seconde étape) mais l’embarquement collectif touche à d’autres leviers que la rationalité.
Pour convaincre un auditoire, on active trois dimensions (cette mécanique est décrite depuis des temps immémoriaux) :
- le logos ou le fond du message, il est bâti par une approche rationnelle
- l'ethos qui constitue la forme du messager, ici l’organisation ou plus précisément les personnes impliquées dans la diffusion du message. A noter qu’en fonction des contextes, ce point est capital.
- le pathos, ou la forme émotionnelle du message, dimension que nous proposons d’explorer à travers la cartographie des imaginaires.
La réussite de l’efficacité d’une vision ne tient donc seulement à son fond mais à sa forme. Pour passer à l'action, il ne faut pas seulement être convaincu, il faut être touché.
La cartographie des imaginaires pour tracer la route vers un futur enthousiasmant
Invoquer un imaginaire, ce n'est pas raconter des contes de fées pour fuir la réalité. C'est tout l'inverse : c'est dessiner un futur auquel on a envie de contribuer.
Au lieu de voir la transition comme une série de sacrifices ou une "complication" de plus, le récit nous permet de la voir comme une aventure. Une histoire dont nous sommes les héros, et non les victimes.
A travers la cartographie des imaginaires, nous proposons un outil au service de l’incarnation des visions, un nouvel outil à actionner pour débattre, penser et se rassembler autour d’un projet commun.
Pour cela, nous planifions trois phases :
L'enjeu est simple : nous devons arrêter de faire peur et recommencer à faire envie. Car si l'on veut que les gens construisent un nouveau bateau, il ne faut pas leur demander de récolter du bois et de préparer des plans ; il faut leur donner la nostalgie de la mer.
La notion de "raison d’être", introduite par la loi PACTE, est de plus en plus perçue comme essentielle dans les ETI pour attirer et fidéliser les talents.
88% des collaborateurs jugent que cette raison d’être est importante pour leur épanouissement professionnel.
Pourtant, 60 % d’entre eux avouent ne pas comprendre concrètement ce que cela implique. Cela souligne l’importance pour les dirigeants d’expliquer clairement cette notion pour impliquer pleinement leurs équipes.
source : Baromètre Future Ready de la transformation des ETI, edition 2024, EY
Pôle Stratégie à impact
Aider les organisations à explorer leurs futurs désirables