Ressource

Comment s'assurer que l'on engage le bon projet, avant même de commencer à concevoir la solution ?

UX/UI responsable

Comprendre les besoins réels, partager une vision et éclairer les décisions pour engager un projet numérique sur des bases solides.

Un projet numérique peut être validé, financé et planifié sans que ses fondations soient réellement partagées. Avant de concevoir une application métier, un espace client ou un nouveau service numérique, le cadrage permet de clarifier ce qui doit changer, d'aligner les parties prenantes et de définir une trajectoire réaliste. Encore faut-il regarder au-delà de la future solution.

Un projet peut être lancé sans être réellement cadré

La décision est prise : il faut remplacer une application devenue obsolète, moderniser un service ou transformer un système d'information. Les objectifs sont posés, les équipes mobilisées et les premières fonctionnalités commencent à être listées.

Pourtant, derrière cette apparente convergence, chacun peut avoir sa propre représentation du projet.

La direction cherche à améliorer la performance ou la qualité du service. Les métiers souhaitent résoudre leurs difficultés quotidiennes. La DSI anticipe les contraintes du système existant. Les utilisateurs attendent un outil plus simple, parfois sans avoir été associés aux premières réflexions.

Tout le monde s'accorde sur la nécessité de changer. Mais parle-t-on vraiment du même problème ? Et surtout, partage-t-on la même vision de ce qu'il faudrait faire évoluer ?

Un projet peut être techniquement envisageable, économiquement justifié et pourtant insuffisamment défini pour engager sereinement sa conception.

C'est précisément dans ces situations que le cadrage prend toute sa valeur.

Il ne s'agit pas simplement de recueillir les besoins et de constituer une liste de fonctionnalités. Il faut construire une compréhension commune de la situation, éclairer les décisions structurantes et définir ce que le projet doit réellement permettre de transformer.

Avant de définir la solution, comprendre ce qui doit changer

Une application numérique ne fonctionne jamais de manière isolée.

Elle s'inscrit dans un environnement composé de personnes, de métiers, de processus, de données, d'outils existants, de règles et de relations. Elle influence la manière dont les professionnels travaillent, dont les clients interagissent avec une organisation et dont les usagers accèdent à un service.

Un dysfonctionnement attribué à une interface peut ainsi révéler un problème plus profond : une information qui circule mal, une règle métier inadaptée, des responsabilités mal définies ou plusieurs outils qui ne communiquent pas.

Refondre l'interface sans traiter ces difficultés risque simplement de leur donner une nouvelle apparence.

Prenons le cas d'une application métier utilisée quotidiennement par des équipes opérationnelles.

Les utilisateurs se plaignent de sa complexité. La première intention pourrait être de simplifier les écrans et de réduire le nombre de clics.

Mais l'observation du travail réel peut révéler une tout autre situation : les collaborateurs ressaisissent des informations déjà présentes dans un autre système, utilisent des fichiers parallèles pour contourner certaines règles ou doivent contacter leurs collègues pour obtenir les données nécessaires à leur activité.

Le problème ne se limite plus à l'ergonomie.

La réponse pourrait associer une évolution des processus, une meilleure circulation des données, une clarification des responsabilités et, bien sûr, une interface adaptée.

Le bon projet n'est pas nécessairement celui que l'on avait imaginé au départ.

Cadrer par le design, c'est accepter de questionner les premières évidences pour identifier les problèmes racines et chercher la réponse la plus pertinente, plutôt que de se précipiter vers une solution déjà pressentie.

Construire une vision partagée pour éclairer les décisions

Dans les projets numériques complexes, les difficultés ne proviennent pas toujours d'un manque d'idées ou d'expertise. Elles naissent aussi de la coexistence de visions différentes, parfois contradictoires.

Les équipes métier, les responsables techniques, les décideurs et les utilisateurs ne regardent pas nécessairement le projet sous le même angle.

Le rôle du cadrage est de rendre ces différentes perspectives visibles, de les confronter et de construire une représentation commune de la situation.

La recherche terrain, les entretiens, les cartographies et les ateliers collaboratifs permettent de croiser les usages, les besoins métier, les contraintes du système d'information et les enjeux de l'organisation.

Mais ces outils ne constituent pas une finalité. Ils servent à rendre la complexité compréhensible, à faire émerger des possibilités et à faciliter les arbitrages.

Une vision partagée ne signifie pas que tout le monde doit être d'accord sur tout. Elle permet de comprendre les choix, de rendre les tensions explicites et de décider collectivement d'une direction.

Cette dimension devient particulièrement importante lorsque le projet concerne une transformation numérique d'ampleur.

Quand le projet dépasse largement la future application

Prenons l'exemple de la refonte de la relation numérique aux usagers d'une collectivité.

À première vue, le projet pourrait consister à moderniser un portail de démarches en ligne.

Mais les usagers interagissent avec différents services, disposent parfois de plusieurs points d'entrée et alternent entre numérique, téléphone et accueil physique. De leur côté, les agents travaillent avec des outils, des processus et des organisations qui ne sont pas toujours harmonisés.

La question n'est donc pas seulement de savoir à quoi ressemblera le futur portail.

Elle concerne aussi la manière dont les usagers accéderont aux services, dont les agents pourront traiter et suivre les demandes, dont les différents canaux s'articuleront et dont les directions concernées partageront une même ambition.

Dans ce type de projet, le cadrage contribue à construire une vision commune de la relation de service, à clarifier les responsabilités et à identifier les évolutions à engager.

La future solution numérique devient alors l'une des traductions concrètes d'une transformation plus large.

Transformer la vision en trajectoire réaliste

Une vision partagée ne suffit toutefois pas à engager un projet.

Il faut encore déterminer ce qui sera réellement réalisé, dans quel ordre, avec quels moyens et sous quelles conditions.

Le cadrage permet de passer progressivement d'une intention à une trajectoire opérationnelle.

Selon les enjeux, il peut notamment conduire à définir :

  • Une vision cible et des objectifs partagés, suffisamment explicites pour orienter les décisions.
  • Un périmètre macro, des priorités et les principales évolutions à engager.
  • Des scénarios de solution tenant compte des usages, des contraintes techniques et de l'organisation.
  • Une feuille de route, des jalons, des dépendances et une première estimation des moyens nécessaires.
  • Les principaux risques et les conditions de réussite à anticiper.

L'objectif n'est pas de tout prévoir ni de figer prématurément chaque fonctionnalité.

Il est de disposer d'une base suffisamment claire pour décider, engager la conception et piloter les évolutions du projet.

Un cadrage d'application métier ciblée ne nécessite évidemment pas le même niveau d'investigation qu'une transformation impliquant plusieurs directions, sites ou systèmes d'information.

La démarche et les livrables doivent être proportionnés aux enjeux, à la complexité et à la maturité du projet.

Un bon cadrage ne se mesure pas au nombre d'ateliers réalisés ni au volume de documents produits, mais à sa capacité à éclairer les décisions et à rendre la suite du projet possible.

Une bonne solution ne suffit pas à réussir la transformation

Un projet peut aboutir à une solution pertinente et ergonomique, sans pour autant produire les bénéfices attendus.

Imaginons une nouvelle application métier dont le déploiement est programmé pendant les congés scolaires, alors qu'une partie importante des équipes est absente et qu'aucun temps de formation n'a été prévu.

La solution peut être techniquement prête. Les conditions de son appropriation, elles, ne le sont pas nécessairement.

Les collaborateurs devront peut-être découvrir seuls de nouvelles pratiques, compenser les difficultés rencontrées et assurer malgré tout la continuité de leur activité.

Ce qui semblait être une décision de planning devient alors un problème d'usage, d'organisation et de qualité de service.

C'est pourquoi le cadrage doit aussi regarder les conséquences concrètes du projet : pour les personnes qui utiliseront la solution, celles qui feront fonctionner le service et celles qui interagiront avec elles.

Cela suppose d'anticiper les évolutions de processus, les besoins d'accompagnement, les conditions de déploiement et les moyens nécessaires pour faire vivre les nouveaux usages.

Il ne s'agit pas de concevoir dès le cadrage l'ensemble du dispositif de conduite du changement, mais d'identifier suffisamment tôt les conditions qui pourraient compromettre la réussite du projet.

Notre responsabilité ne s'arrête pas au bord de l'écran.

Un cadrage utile se construit avec la mise en œuvre en perspective

Le cadrage peut échouer de deux manières.

La première consiste à produire une vision séduisante sur le papier, mais difficile à traduire en projet réel.

La seconde consiste à définir trop rapidement une solution technique, sans avoir suffisamment questionné les besoins, les usages et les conséquences de sa mise en œuvre.

Entre ces deux écueils, le design apporte une approche particulière : comprendre les situations réelles, rendre les problèmes et les possibilités visibles, puis construire des réponses concrètes en tenant compte de leur faisabilité.

Chez Sensipode, cette approche est nourrie par notre expérience de la conception et de l'accompagnement de projets numériques.

Nous savons ce qu'implique le passage d'une vision à un parcours, d'un parcours à une interface, puis d'une interface à un service réellement utilisé.

Cette connaissance de la mise en œuvre éclaire nos recommandations dès le cadrage. Elle nous aide à distinguer les orientations souhaitables des réponses difficilement réalisables, à identifier les dépendances et à construire une trajectoire que les équipes pourront réellement engager.

Nous ne cadrons pas pour produire un document de plus. Nous cadrons pour permettre au projet d'avancer sur des bases solides.

Le cadrage n'est donc ni une fin en soi ni une garantie contre tous les imprévus. Il constitue un point de départ partagé, qui continuera à être confronté au réel pendant la conception, le développement et le déploiement.

C'est aussi ce qui permet de faire évoluer le projet sans perdre de vue l'essentiel : ce qu'il doit réellement améliorer dans la vie des personnes.

Vous avez un projet numérique à cadrer ?

Création ou refonte d'une application métier, transformation d'un système d'information, évolution d'un espace client ou d'un service numérique : Sensipode accompagne les organisations pour clarifier leurs enjeux, construire une vision partagée et définir une trajectoire réaliste.